Parfois, tu manges à l’infini.

C’est le sujet dont je vais te parler aujourd’hui. La grosse artillerie.

Un sujet que l’on va aborder à la sauce Mangeuse Libre. Avec une pointe d’humour et le plus de légèreté possible.

J’avais commencé à t’en parler dans la toute première Chronique, et je t’avais dit que c’était un gros sujet.

On y reviendra donc encore, mais sous différents angles.

Notre sujet du jour : L’Hyperphagie.

Hyper-Phagie = Trop se Nourrir.

Même mon correcteur d’orthographe ne reconnait pas le mot. Il faut dire que mon correcteur fonctionne un peu comme la société…

Il comprend à peu près ce que sont la Boulimie et l’Anorexie, mais pas l’« Hyperphagie ».

Et c’est normal. C’est dur à reconnaître.

C’est beaucoup plus flou. Beaucoup plus sournois. On peut d’ailleurs être hyperphage sans même le savoir.

Et quand bien même on le saurait, cela ne suffirait pas à arrêter de trop manger.

L’hyperphagie peut fonctionner par épisodes (crises), ou lors des repas (les fameux débordements alimentaires).

Avec toujours le sentiment ambivalent de plénitude et de culpabilité qui s’ensuit.

Tu vois de quoi je parle? Tu es peut-être concernée toi aussi.

Si c’est le cas, crois-moi je sais ce que tu vis, et je devine ce que tu penses.

Lorsque l’on est hyperphage, les autres peuvent simplement penser qu’on a un « bon coup de fourchette », que l’on « mange avec appétit ».

Ou encore que l’on est vraiment « trop gourmand » et qu’il serait bon de faire attention !

Alors que c’est tout bonnement impossible…

Pour sortir de l’hyperphagie : La vérité est ailleurs.

Et chaque régime, contrôle ou restriction alimentaire est une bombe à retardement pour un hyperphage.

Tôt ou tard : les débordements alimentaires pointeront le bout de leur nez. Inutile d’essayer de changer ce comportement à grands coups de volonté 🙂

Avec cette Chronique, je voudrais redonner ses lettres de noblesse à un trouble méconnu, et trop souvent simplifié.

L’hyperphagie est cachée.
L’hyperphagie est honteuse.
L’hyperphagie est contrôlée.

Alors qu’avant tout, l’hyperphagie a un message à nous faire passer !

Ne pas vouloir l’écouter, c’est un peu comme mettre un coussin sur le nez de quelqu’un qui essayerait de nous parler… Avec l’espoir qu’il se taise à jamais.

Alors oui, l’hyperphagie en tant que telle est une maladie.

Mais sans être dans le déni, le mot « maladie » m’a toujours un peu gênée dans le domaine du rapport à la nourriture.

Et puis on peut avoir des traits hyperphages sans être « malade » d’hyperphagie.

(C’est le moment où les psys me jettent des tomates. Ou des pierres.)

Qu’importe. J’ai la légitimité d’avoir traversé le trio gagnant des troubles du comportement alimentaire !

Peut-être devrait-on essayer de sortir un peu des méthodes habituelles pour décoder ces causes cachées qui nous poussent à trop manger…

Ça aussi, nous y reviendront très prochainement.

Hier, nous parlions de gérer l’abondance de nourriture dans « Le Banquet ». Cette Chronique vous a d’ailleurs beaucoup inspirées.

Et bien pour un hyperphage, chaque buffet, chaque repas entre amis, chaque anniversaire peut devenir un vrai défi.

Certaines personnes prennent d’ailleurs le parti de ne plus y aller du tout.

Voici l’un des témoignages que j’ai reçus hier. Je me permets de t’en citer un extrait :

« Je n’ai pas de solution. A chaque buffet, il faut absolument que je goûte à tout. C’est comme si c’était ma mission de vie. Et il faut que ce soit en grosses quantités parce que je ne peux pas ne pas faire honneur à ces plats en n’en prenant qu’un petit bout. »

Bien sûr je ne cite pas ton nom, mais je te remercie d’avoir partagé cela avec moi. Nous allons t’aider à changer ça.

Je comprends ce que tu décris, et j’ai un rêve : T’aider à dévorer la vie avec l’aide de Mangeuse Libre 🙂

Si Mangeuse Libre te parle aussi, n’hésite pas à me faire part de ton expérience, des obstacles que tu rencontres, ou de ton objectif si tu en poursuis un.



VOICI MON CONSEIL DU JOUR :

J’ai prévu un truc tout léger. Je ne voudrais pas que le sujet du jour te reste sur l’estomac. Voici donc un exercice cool, ludique et bienveillant :

Ecris une lettre à l’enfant ou à l’ado que tu étais. C’est une lettre à ton « toi » du passé. Dis à cet enfant ou à cet ado tout le bien que tu penses de lui.

Quelques lignes suffisent. Tu peux aussi le faire à l’oral, ou bien intérieurement. En effet, derrière les débordements alimentaires il y a souvent un enfant incompris.

PS. La chanteuse K-Reen a écrit une chanson sur son hyperphagie dans les années 2000. Improbable, mais vrai. Le titre : « On a tous pêché ». Voilà voilà 🙂


Aurore

Coach Certifiée, Hypnothérapeute et Spécialiste en Psycho-Nutrition