Je pourrais le bouffer tellement je suis en colère !

D’ailleurs je vais bouffer tiens.

Tu as déjà connu cette situation ? Tu sens monter en toi de la colère, ou un fort agacement.

Mais pour X ou Y raisons, tu ne peux pas l’exprimer. Parce que le sujet est déjà passé, ou bien que la personne concernée n’est pas présente, ou encore que tu n’oses pas lui dire.

Ou tout simplement parce que tu es en colère après toi. Tu aurais voulu réagir autrement face à une situation précise.

Tu ne peux pas exprimer cette émotion, alors à la place, tu manges.

Notre sujet du jour : Manger ses émotions.

Si tu te sens concernée : Sache que c’est un fonctionnement humain normal, et c’est ce dont nous allons parler à présent.

Dans cet exemple, la colère a finalement été ravalée en la mangeant.

Si tu t’intéresses à la psychologie de l’alimentation, tu liras souvent l’expression « manger ses émotions ». Elle est parlante, tu ne trouves pas ?

Il nous arrive de manger nos émotions pour ne pas les exprimer. Ou bien pour les étouffer si elles sont trop fortes.

Ou bien encore, si on pousse le bouchon un peu plus loin : Pour procéder à une véritable « anesthésie du ressenti ».

Dans cet extrême : un peu comme on pourrait s’enivrer ou se droguer, nous utilisons un moyen légal et socialement acceptable : la nourriture.

C’est notamment le mécanisme que l’on utilise pendant les crises alimentaires.

D’ailleurs lors d’une crise, si tu es concernée par ce sujet, tu dois toi aussi avoir le sentiment de ne pas vraiment être là. Pas présente à toi-même.

Tu te « réveilles » après coup, avec le sentiment d’avoir pris un coup de massue derrière la tête. Et dans l’estomac…

Mais revenons à cette histoire d’émotions que nous mangeons.

Sans aller jusqu’au crises alimentaires, à différents degrés nous mangeons tous nos émotions. Parfois nous le faisons en conscience, parfois pas.

Parfois encore, c’est un fonctionnement tellement ancré en nous que nous n’avons même plus la possibilité de savoir quelle émotion nous ravalons.

Et on peut remonter loin comme ça. Je vais te donner l’exemple de l’une de mes clientes, qui est ok avec le fait que l’on parle de son histoire.

Sophie avait des compulsions alimentaires a répétition et souffrait d’une suralimentation chronique.

Si elle était capable de repérer les déclencheurs de ses compulsions, il lui était néanmoins impossible de savoir pourquoi elle mangeait trop en permanence.

Un jour, lors de l’une de nos séances, un souvenir lui est revenu.

Quand elle était enfant, son père lui avait fait une remarque excessivement vexante à la sortie de la classe devant les autres enfants.

Elle avait alors ressenti de la honte, et une colère « sans nom ». Autrement dit, une colère qui allait ensuite rester des années, sans pouvoir être identifiée.

Colère qu’elle allait devoir manger, par incapacité de pouvoir l’exprimer à son père.

C’était la minute Freudienne… Revenons à présent dans l’ici et maintenant.

Sophie, comme nombre d’entre nous, peine encore à exprimer certaines émotions de peur de blesser ou de perdre l’autre, ou bien de le mettre en colère.

Dans son cas, et je sais que cela pourra te parler aussi, le vrai sujet c’est :

Comment oser m’affirmer et exprimer ce que j’ai à dire ?

Et c’est ce qu’elle a décidé de travailler aujourd’hui pour commencer à transformer son comportement alimentaire.

Je serais curieuse de savoir s’il t’arrive à toi aussi de manger tes émotions. Je t’ai préparé un petit quelque chose dans ce sens 🙂

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VOICI MON CONSEIL DU JOUR :

Joie, tristesse, colère, peur, etc. Il y a les émotions principales, et puis également d’autres ressentis. Ennui, empressement, excitation… La palette est vaste. Voici ce que je te propose :

La prochaine fois que tu auras le sentiment de manger en réponse à une émotion ou à un ressenti que tu vis, pose-toi la question de savoir ce que tu aurais voulu faire à la place.

Et note-le dans ton carnet, dans un coin de ta tête pour la fois prochaine, ou mieux : Partage-le avec moi. Tu pourrais recevoir un bon conseil par retour de mail 😉

PS. Demain, c’est férié. Tu retrouveras donc ta Quotidienne jeudi matin, dans la joie et la bonne humeur. Et cette émotion là, pas besoin de la manger !

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Aurore Kennis

Coach Certifiée, Hypnologue et Spécialiste en Psycho-Nutrition